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Demandons au Président de la République du Kazakhstan de garantir la liberté syndicale dans le pays et de permettre aux travailleuses domestiques et à tou•te•s les travailleurs•ses des organisations affiliées à la KNPRK de s’exprimer et de revendiquer leurs droits.



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LES TRAVAILLEUSES DOMESTIQUES, UNE CATÉGORIE PARTICULIÈREMENT VULNÉRABLE !

La pauvreté, les politiques de libéralisation, le manque de services publics – de garde d’enfants par exemple – et d’accès à l’emploi, ainsi que la division sexuelle du travail pèsent de manière disproportionnée sur les femmes et les filles et expliquent leur prise en charge du travail domestique.
Celui-ci s’effectue pour le compte de ménages privés et va du nettoyage à la cuisine, en passant par la garde d’enfants et les soins apportés aux membres du foyer. Les travailleuses ne bénéficient généralement pas de véritable contrat de travail et ne sont donc pas protégées par les législations relatives aux droits du travail.



Les abus de droits dont elles font l’objet sont multiples : absence de sécurité sociale, de temps de repos et de libertés syndicale et associative, sous-rémunération, temps de travail supplémentaire, isolement forcé, violences psychologiques, physiques et sexuelles, voire traite et esclavage moderne.

Non seulement ces violations de droits exercées par leur employeur sont exacerbées car elles se produisent au sein de la sphère privée, mais ces travailleuses doivent en plus affronter diverses discriminations au sein de la société : en tant que femmes ou filles, souvent migrantes, dont le type de travail, pourtant essentiel, est dénigré.





Garantir leur liberté et leurs droits syndicaux, en empêchant la dissolution de la Confédération des syndicats indépendants de la République du Kazakhstan (KNPRK) et du syndicat JUSTICE affilié, est donc essentiel pour permettre à ces travailleuses de s’organiser et de se défendre collectivement. En signant cette pétition, vous adressez le message ci-dessous au Président de la République du Kazakhstan.

À M. Nursultan Nazarbayev
Président de la République du Kazakhstan

Monsieur le Président,
Le ministère de la Justice du Kazakhstan a déposé une déclaration invoquant la dissolution forcée de la Confédération des syndicats indépendants de la République du Kazakhstan (KNPRK). Cet acte est précédé de deux années de tentatives répétées de la KNPRK et de ses affiliés pour achever la procédure de réinscription de leurs structures aux niveaux national, régional et local en 2015 et 2016. Ces tentatives ont rencontré de nombreux refus. Les actions du gouvernement mettent en péril le fonctionnement des syndicats indépendants dans la République du Kazakhstan, menacent de compromettre la stabilité interne du pays et constituent une violation flagrante des conventions fondamentales de l'OIT n ° 87 et n ° 98 qui ont, toutes deux, été ratifiées par la République du Kazakhstan.
Nous condamnons fermement toutes les restrictions de la liberté syndicale. Nous vous demandons de lever tous les obstacles aux activités des syndicats de la République du Kazakhstan et de créer des conditions normales de fonctionnement pour les organisations de travailleurs•ses confédérées au sein de la KNPRK.



LE GOUVERNEMENT DU KAZAKHSTAN LIMITE LES LIBERTÉS SYNDICALES.*

Le Kazakhstan est un État partie au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui protège le droit de grève ainsi que la création et l'adhésion à des syndicats et à des confédérations nationales et internationales. Le Kazakhstan est également membre de l'Organisation internationale du Travail (OIT), dont il a ratifié l'ensemble de ses huit conventions fondamentales, dont la Convention (n° 87) de 1948 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical.

Pourtant, en 2015 et 2016, la Conférence internationale du Travail, le principal organe décisionnel de l'OIT, a vivement critiqué le Kazakhstan pour ses restrictions législatives. En juin 2015, la Commission de l'OIT pour l'application des normes a invité le pays à « modifier les dispositions de la Loi sur les syndicats de 2014, conformément à la Convention ». La loi n’a pas été amendée.

Larisa Kharkova, présidente de la Confédération des syndicats indépendants de la République du Kazakhstan, a déclaré avoir fait l’objet d’une surveillance de la part des autorités, notamment lors d'un voyage dans l’ouest du pays en mars 2016. « J'ai été suivie à Aqtau, jour et nuit [par les services de sécurité] », a-t-elle dit. « Je suis allée à la rencontre de [syndicalistes], nous étions assis, en train de parler, et pouvions voir [les agents de sécurité] nous prendre en photo depuis leur voiture ».

*Source : Human Right Watch, Kazakhstan : Violations et restrictions des droits des travailleurs