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Exigez du président sierraléonais l’abandon des charges contre les défenseurs des droits à la terre en Sierra Leone et la fin de tout acte de harcèlement, y compris juridique, à l’encontre des membres de l’association MALOA.



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Agrobusiness contre petit-e-s exploitant-e-s



Depuis 2011, la SAC SL, filiale de la holding luxembourgeoise Socfin, elle-même liée au groupe français Bolloré, a obtenu le droit d’exploiter 12 000 hectares de terres pour cultiver des palmiers à huile alors que celles-ci étaient utilisées par les agriculteurs-trices de 40 villages. Ils-elles ne perçoivent aujourd’hui que 50% des 5 $ (4,5 €) que l’entreprise paie pour la location d’une acre (0,4 hectare) de terre par an.

Conséquence : tandis que l’agro-industrie ou l’industrie minière bénéficient des transactions foncières effectuées à grande échelle dans tout le pays, nombre de paysannes et paysans ne peuvent plus subvenir à leurs besoins

Dans la région de Malen, beaucoup de familles ont dû abandonner leur foyer et beaucoup d’enfants ont cessé d’aller à l’école, leurs familles ne pouvant plus subvenir aux besoins les plus élémentaires.

Cinq années de répression !

Lorsque les populations se mobilisent pour leurs droits, elles obtiennent souvent, pour toute réponse, la répression : arrestation de manifestants en octobre 2011 et août 2012, tirs de la police et arrestations de manifestants le 9 décembre 2013, arrestations de 11 personnes suite à des heurts le 14 janvier 2015, et emprisonnement de 7 membres de l’association MALOA le 8 septembre 2015 lors d’une campagne d’adhésion

Depuis cinq ans, les membres de l’association MALOA résistent à la perte de leurs terres dans le district de Pujehun face à l’entreprise SAC SL, qui bénéficie de l’appui des autorités locales et nationales. Dès le début de cette résistance, les membres de MALOA ont fait l’objet de poursuites devant les tribunaux sierra léonais. De plus, les propriétaires lésés ont subi des menaces de la part de la police, certains membres de MALOA ont été blessés et ont perdu des biens personnels ou des outils agricoles.

Les six militants aujourd’hui condamnés subissaient d’incessantes intimidations de la part des autorités régionale et nationale. Ils ont ainsi été accusés d’avoir détruit 40 palmiers à huile de la SAC SL, ce qu’ils contestent. Trainés devant les tribunaux, des officiels ont tenté de les faire taire, d’instiller la peur, non seulement parmi eux, mais également parmi tous les membres de l’association MALOA et tous les propriétaires condamnés au silence.

Mobilisation et solidarité comme réponse au verdict

Le 4 février dernier, les six militants Shiaka Musa Sama, Sima Mattia, Kinnie James Blango, Musa Sellu, Foday Musa and Lahai Sellu ont donc été jugés coupables. Cinq d’entre eux ont été condamnés à payer 5 000 $ (4 500 €) chacun ou à purger une peine de 5 mois de détention. Shiaka Musa Sama, porte-parole de MALOA a quant à lui été condamné à payer plus de 10 000 $ ou à passer 6 mois en prison. La sentence de la Haute Cour correspond à l’estimation faite, par le plaignant - la SAC SL -, de la valeur des arbres détruits. Bien que l’entreprise paye moins de 200 $ pour chaque acre de 60 palmiers aux petits propriétaires de Malen, celle-ci a estimé que la destruction des 40 palmiers représentait 36 000 $ (32 000 €). Deux poids, deux mesures…

Face à cette injustice, grâce à un élan de solidarité nationale et internationale, Shiaka Musa Sama et Sima Mattia ont pu être libérés le 24 février et le 16 mars derniers : sous la coordination de l’ONG locale Green Scenery, la société civile a rassemblé les fonds nécessaires pour payer leurs amendes. Mais il reste urgent d’agir pour obtenir la libération des 4 autres militants emprisonnés et pour l’abandon de toutes les charges.

Message adressé au président sierraléonais Ernest Bai Koroma

Monsieur le Président Ernest Bai Koroma,

J’ai été informé-e que six membres exécutifs de l’association MALOA (Malen Affected Land Owners and Users Association) ont été condamnés et emprisonnés en Sierra Leone, le 4 février 2016. La Haute Cour de Bô a condamné Shiaka Musa Sama, Sima Mattia, James Blango, Lahai Sellu, Musa Sellu et Foday Musa pour « conspiration et incitation au crime » et la destruction de 40 palmiers à huile appartenant à la Socfin Agricultural Company à Malen dans le district de Pujehun. Tout au long d’une procédure judiciaire de deux ans, les six hommes ont plaidé non coupables.

Il a également été porté à ma connaissance que, depuis 2011, des habitant-e-s de la région de Malen résistent à l’accaparement de leur terre et à la perte de leurs moyens de subsistance à travers des activités pacifiques. Aussi, les membres de MALOA encore en prison doivent être immédiatement libérés, et les charges et procédures à l’encontre les défenseurs des droits à la terre en Sierra Leone, abandonnées. L’intégrité physique et psychologique des prisonniers et de leurs proches doit être garantie en toutes circonstances.

Monsieur le Président, je vous demande de bien vouloir leur accorder votre grâce présidentielle dans les meilleurs délais, et intervenir auprès des autorités compétentes pour faire cesser tous les actes de harcèlement, y compris juridiques, à l’encontre des membres de MALOA.