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- Pour que le gouvernement français mette fin à son engagement dans la Nouvelle Alliance et favorise des initiatives qui soutiennent véritablement l’agriculture familiale et paysanne.

A qui profite réellement la nouvelle Alliance ?

Lancée en grande pompe par le G7 en Juin 2012, la Nouvelle Alliance pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition vise officiellement à sortir de la pauvreté 50 millions de personnes en Afrique d’ici 2022 en favorisant l’apport de capitaux privés internationaux. Mais dans la pratique, ces investissements profitent avant tout à de grandes multinationales comme Monsanto ou Cargill et menacent l’accès à la terre, la sécurité alimentaire, et l’environnement des populations locales.

En échange de soutiens financiers, la Nouvelle Alliance encourage les Etats africains à réformer leur fiscalité et leur droit foncier, afin d’attirer les investissements privés. Bénéficiant rarement aux entreprises locales, les acquisitions de terres favorisées par la Nouvelle Alliance ne prennent pas suffisamment en compte l’avis des communautés locales dont les droits à la terre ne sont la plupart du temps ni reconnus, ni respectés.

Trois ans après le lancement de la Nouvelle Alliance, les craintes se confirment en Tanzanie mais également au Nigéria où 350 000 hectares de terres ont été alloués à 8 entreprises de la Nouvelle Alliance. Parmi elles, 3 seraient déjà impliquées dans des cas d’accaparements de terres. Les populations du Malawi et du Sénégal craignent également pour leurs terres au vu des réformes engagées par leurs gouvernements.

La France : une position ambigüe

Les projets de la Nouvelle Alliance reposent également sur une agro-industrie fortement consommatrice de ressources (terre, eau)et d’intrants agricoles (engrais, pesticides, semences OGM) qui ne permet pas un partage équitable des bénéfices avec les populations locales.

La France a souvent exprimé son soutien à l’agriculture familiale et paysanne qui constitue le meilleur rempart contre la faim dans le monde et permet aux populations de vivre de la terre tout en préservant l’environnement. De plus, elle affiche sa volonté de lutter contre les accaparements de terre dans le monde. Pourtant, elle participe au Leadership Council, l’organe de pilotage de la Nouvelle Alliance dont elle est par ailleurs le troisième contributeur, avec 521 millions d’euros d’intentions déclarées.

Le but est-il de faire évoluer la Nouvelle Alliance de l’intérieur ?

Certes, la France y a promu les Directives de la FAO qui renforcent de façon positive la gouvernance foncière. Mais en trois ans, force est de constater qu’elle n’a obtenu aucune avancée concrète et qu’à l’inverse, les pires inquiétudes se confirment. Il est urgent que la France, troisième contributeur financier de la Nouvelle Alliance derrière les Etats-Unis et l’Union européenne, montre l’exemple en se retirant du dispositif.

Le gouvernement français doit s’engager à :

1/ Mettre fin à son engagement dans la Nouvelle Alliance et au soutien qu’il lui apporte.

2/ Poursuivre son engagement pour la mise en œuvre des Directives Volontaires de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en préalable à tout projet à emprise foncière, en promouvant à tous les niveaux :

  • - des droits fonciers égaux pour les femmes et les hommes ;
  • - la reconnaissance et la protection des droits fonciers légitimes des individus et des communautés, et le respect du consentement libre préalable et éclairé pour tous les projets provoquant des déplacements de populations
  • - la mise en place de plateformes nationales incluant les organisations paysannes et les femmes pour traiter des questions foncières.

3/ Réguler les activités des entreprises afin qu’elles respectent les droits humains, en particulier les droits fonciers, et les normes sociales et environnementales. Les investisseurs doivent notamment :

  • - exercer un devoir de vigilance concernant le respect des droits humains ;
  • - faire preuve de transparence dans la mise en œuvre de leurs activités ;
  • - respecter les droits humains, les droits fonciers légitimes, les normes sociales et le droit du travail dans leurs activités nationales et internationales

4/ Favoriser l’émergence de nouvelles initiatives ambitieuses basées sur :

  • - l’abandon des politiques d’aide internationale qui facilitent les acquisitions de terres à grande échelle, et font la promotion d’un modèle agricole basé sur l’agro-industrie ;
  • - des politiques, initiatives et projets qui soutiennent l’agriculture familiale, en particulier les femmes paysannes, et privilégient un modèle agricole durable au niveau social, économique, environnemental et résilient au changement climatique.