22248

messages envoyés !


A la veille de la COP21, il est temps que le groupe Bolloré tienne ses promesses et réagisse face au non-respect des droits fondamentaux des communautés riveraines des plantations de palmiers à huile dans lesquelles il investit.



22248 signatures !

Je signe cet appel

Les faits

Depuis 45 ans, des milliers d’hectares de forêt sont défrichés et remplacés par des monocultures de palmiers à huile au Cameroun. En plus de participer au réchauffement climatique, cette activité réduit les espaces disponibles pour les cultures vivrières dont dépendent les populations locales.

Dans les régions de Dibombari, Mbongo, Mbambou et Kienké au Cameroun, environ 6 000 paysannes et paysans ont vu leurs forêts détruites et 40 000 hectares de leurs terres alloués à la Socapalm, Société Camerounaise de Palmeraies.

Déforestation, pollution et confiscation des terres

Selon les enquêtes d’organisations non gouvernementales comme le ReACT (Réseaux pour l’Action Collective Transnationale), 42 villages seraient affectés par les activités de la Socapalm et la situation ne ferait que s’aggraver au fur et à mesure que les plantations s’intensifient.

La délimitation des parcelles louées à la Socapalm n’étant pas claire, les villageois ont le sentiment que l’entreprise occupe sans cesse de nouveaux espaces qui leur appartenaient selon le droit coutumier.

De plus, l’extension des cultures pourrait menacer la sécurité alimentaire des populations car les terres arables destinées à la production d’huile de palme ne sont plus disponibles pour la production vivrière.

Par ailleurs, les produits agrochimiques utilisés dans la monoculture et les rejets de l’usine de Kienké pollueraient les cours d’eau avoisinants.

Enfin, les conditions de vie et de travail dans les plantations sont particulièrement difficiles.

Où sont les compensations ?

La Socapalm tarde à mettre en oeuvre des mesures en faveur des villages riverains qui étaient pourtant prévues dans des accords qu’elle a signés avec l’Etat.

Michel Essonga, un paysan camerounais, va jusqu’à dire que ces terres ont été « volées » car les compensations versées en échange de l’occupation des terres ne sont pas parvenues jusqu’aux riverains qui les utilisaient.

Populations mobilisées, Bolloré interpellé

Plus grande entreprise productrice d’huile de palme brute du Cameroun, la Socapalm est une filiale du groupe Socfin, enregistré au Luxembourg, dont l'actionnaire principal est le groupe Bolloré, avec 38% du capital.
Les organisations locales se sont donc naturellement tournées vers le groupe français pour faire valoir leurs demandes.

Au Cameroun, les communautés affectées se mobilisent depuis plusieurs années au sein de la Synaparcam (Synergie Nationale des Paysans et Riverains du Cameroun).

Le cas du Cameroun n’étant pas isolé, la Synaparcam a rejoint l’Alliance internationale des riverains des plantations Socfin-Bolloré qui rassemble aussi des organisations du Cambodge, de la Sierra Léone, de Côte d’Ivoire, du Liberia, pays où des communautés font également face aux impacts des activités de Socfin.

Promesses non tenues

Le 24 octobre 2014, suite à une première série de mobilisations internationales, le groupe Bolloré avait reçu des représentant-e-s des riverains et avait semblé ouvert au dialogue et à la négociation.

Cependant, face au manque d’avancées concrètes, une nouvelle série de mobilisations a été lancée en avril 2015 par les organisations de la société civile, dont des actions visant à bloquer les activités de la Socapalm.

En mai et juin 2015, interpellés par des associations lors de leurs Assemblées générales, Bolloré et Socfin se sont limités à réaffirmer leur « intention » de résoudre les conflits.

Bolloré, sponsor contradictoire du sommet sur le climat

Bolloré s’affiche comme partenaire officiel de la Conférence sur le climat, dite COP 21, de Paris.

Pourtant, la monoculture de palmiers à huile est basée sur l’utilisation d’intrants chimiques fortement émettrice de gaz à effet de serre(1).

N’est-il pas contradictoire de maintenir ses investissements dans la Socfin tout en sponsorisant un sommet sur le climat qui prétend oeuvrer pour la protection de l’environnement et les droits des populations ?

Au l’aune de la COP21, il est temps que le groupe Bolloré tienne ses promesses et réagisse face au non-respect des droits fondamentaux des communautés riveraines des plantations à huile de palme dans lesquelles il investit. Pour cela, il doit s’engager à :

- reconnaître les organisations locales membres de l’Alliance internationale des riverains des plantations de Socfin-Bolloré comme des interlocuteurs légitimes et d’organiser une nouvelle rencontre internationale pour poser un cadre de dialogue juste et équitable de résolution des conflits entre le groupe Bolloré et les membres de l’Alliance des riverains ;
- désapprouver officiellement les activités de l’entreprise Socfin en retirant ses investissements et en vendant vos parts du capital de la Socfin si celle-ci refuse de coopérer vers la résolution des conflits et la juste compensation des communautés locales ;
- exercer un devoir de vigilance sur les activités nationales et internationales de votre groupe et de vos filiales concernant le respect des droits humains et de l’environnement.