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Le rôle des supermarchés est incontestable. Ils sont non seulement des intermédiaires incontournables pour toutes les entreprises qui veulent accéder aux consomateurs-trices, mais agissent également comme des donneurs d'ordre pour leurs propres marques de jus d'orange. Il relève de la responsabilité des distributeurs de garantir que les personnes qui produisent les aliments de leurs propres marques vendus sur leurs étals vivent et travaillent de manière décente.



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Un marché mondial fondé sur une exploitation régionale

Au Brésil, trois multinationales contrôlent 80% du marché mondial du jus d’orange : Cutrale, Citrosuco/Citrovita et Louis Dreyfus. Environ 40% des oranges pressées proviennent de leurs propres plantations, le reste est acheté à des petit-e-s et moyen-ne-s producteurs-rices. Sur leurs plantations et dans leurs usines, beaucoup de travailleurs-ses agricoles sont des migrant-e-s ou sont originaires de régions rurales périphériques. Les conditions de travail qu’ils endurent sont indécentes : absence de salaire minimum vital, manipulation de produits phytosanitaires toxiques sans formation ni matériel adéquat, absence d’assurance maladie, logement sans sanitaire ni accès à l’eau…

Officiellement, la semaine de travail dans les plantations d’oranges est de 44 heures et la pause déjeuner dure une heure. Mais la pression est telle que les travailleurs-ses doivent souvent manquer leur pause déjeuner et sont contraint-e-s de réaliser des heures supplémentaires. Souvent, les salarié-e-s ne peuvent même pas savoir combien ils gagneront à la fin de la journée car leur salaire journalier est calculé selon le nombre de sacs de 30 kilos remplis.

1 tonne ½ par jour pour le salaire minimum légal

Pour espérer gagner le salaire minimum légal à la fin du mois (690 réals soit 150 euros en octobre 2015), les employé-e-s doivent récolter au moins une tonne et demie d’oranges par jour. « Nous sommes sous pression 24h sur 24 », témoigne un travailleur agricole de la région de Duartina.

Dans les usines de transformation de jus d’orange, les températures sont extrêmement élevées, la lumière est insuffisante, l’air est saturé par les fumées de combustion et il n’y a pas de ventilation. Aucun équipement de protection adéquat n’est fourni. Travailler dans ces conditions « est néfaste pour la santé et fait courir un risque létal à vos poumons » explique un ouvrier de l’usine de Conchal.

Souvent victimes de discrimination, les femmes sont encore plus vulnérables face à ces violations. Selon des sources syndicales, les hommes travaillant dans les usines ont généralement des contrats à durée indéterminée tandis que la majorité des femmes n’obtiennent que des contrats à durée déterminée. De plus, nombre d’entre elles rapportent être victimes de harcèlement psychologique, physique et sexuel.

Pour améliorer leurs conditions de travail, certain-e-s travailleurs-ses tentent de faire appel à des syndicats, mais cela les expose à un risque élevé de licenciement. « Il n’y a ni liberté de parole, ni liberté de faire remonter des plaintes. Les travailleurs-ses sont puni-e-s s’ils se plaignent. Ils-elles reçoivent un avertissement, sont suspendu-e-s ou mis-es sur une liste noire. » affirme un travailleur.

Quant aux producteurs-trices d’oranges indépendant-es, le prix qui leur est payé est tellement bas qu’il ne couvre pas leurs coûts de production et que nombre d’entre elles-eux sont contraint-e-s de céder leurs terres.

Du Brésil aux supermarchés européens

Deux tiers des exportations brésiliennes de jus d’orange sont vendus dans l’Union européenne. Celui-ci reste aujourd’hui la boisson non alcoolisée la plus populaire auprès des consommatrices et consommateurs d’Europe qui en boivent 11 litres par personne et par an en moyenne.

Non seulement 82% du jus d’orange est vendu par la grande distribution, mais le pouvoir des supermarchés ne cesse de se renforcer avec le développement des marques de distributeurs (MDD). En Europe, 66% du jus d’orange est mis sur le marché par des MDD telles qu’Aldi ou Carrefour. Or le modèle économique des MDD, qui sont en moyenne 30% moins chères que les marques d’industriels, repose sur une politique du prix bas qui ne peut qu’aggraver les dégâts humains et environnementaux dans la filière.

Les supermarchés doivent agir pour un jus d’orange plus juste et durable !

Les supermarchés européens doivent :

- mettre en œuvre leur devoir de vigilance de manière effective afin d’identifer, prévenir, réduire et rendre compte des violations des droits humains commises tout au long de leur chaîne d’approvisionnement ;
- mettre en œuvre un mécanisme opérationnel de plaintes et un système indépendant et crédible de suivi des conditions de travail, en y associant équitablement, à tous les niveaux décisionnels , les syndicats, les travailleurs-ses et toute autre partie prenante nécessaire ;
- faire en sorte qu’un salaire minimum vital soit versé aux travailleurs-ses agricoles des plantations d’oranges de l’Etat brésilien de Sao Paolo, et qu’un prix juste soit fixé pour assurer un revenu décent aux petit-e-s producteurs-trices ;
- garantir le respect de la liberté d’association et du droit de négociation collective à tous les niveaux de la chaine d’approvisionnement ;
- garantir que l’emploi est librement consenti dans l’ensemble de la chaine d’approvisionnement ;
- garantir qu’il n’existe pas de discrimination au travail ;
- publier la liste des fournisseurs brésiliens de jus d’orange.

Stop à l’exploitation inacceptable des travailleurs-ses et aux atteintes à l’environnement tout au long de la filière du jus d’orange !